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Vu du Gard #9

Vu du Gard #9

publié le vendredi 27 septembre 2013


- Rédaction en chef : Raje
- Reportages : Radio Système, Fuze, Delta FM, Radio Escapades

- Au sommaire de cette édition :

Concours des talents

« Gagner ce concours m’a permis d’asseoir ma crédibilité de créatrice d’entreprise », observe Estelle Nesti, qui a eu l’idée de fonder, en juillet 2012, une école informatique itinérante. Lauréate, dans la catégorie “Services”, du concours régional Talents de la création d’entreprise organisé par les Boutiques de Gestion, elle se déplace dans les villes et villages du Gard, amenant son propre matériel pour donner des cours collectifs au sein d’associations ou à des prestataires privés. « Avec les seniors notamment se crée une vraie convivialité. La plupart, en milieu rural, ne sont pas familiers de l’informatique et ne sont pas équipés. Je propose un cours d’une heure trente pour 7 €. J’espère me développer en région et dans le sud-est, pour pouvoir recruter. »
Les idées les plus simples sont les meilleures. Ce n’est pas Patrick Andrieu, « prestataire de service en traction animale » et lauréat dans la catégorie “Dynamiques rurales” qui dira le contraire : « Avec mes deux juments, j’aide les maraîchers et les viticulteurs à travailler leur terre. Je me mets aussi au service des communes pour la tonte de pelouse, l’arrosage de plantes etc. » confie ce féru de bio, qui a mis au point un désherbant thermique à mousse, non polluant, qui accueille des jeunes en stage « Racines » dans le cadre d’un partenariat avec la Fédération Civam du Gard ou qui participe au week-end « De ferme en ferme ». A 53 ans, cet ancien informaticien a réussi sa reconversion professionnelle : « J’avais une passion pour les chevaux et je savais que le Gard était un Département pilote pour le bio », tout comme Estelle Nesti qui, elle, est venue à l’informatique après des débuts dans l’immobilier. Deux autres Gardois ont sauté le pas avec succès. Benjamin Hébrard, avec la Cévenole de Bois à Avèze, conçoit sur mesure des charpentes traditionnelles, terrasses et piscines en bois, et Philippe Blondino, à Vauvert, a créé un garage solidaire : le réseau des Boutiques de Gestion a aussi récompensé leur parcours exemplaire, le 19 septembre dernier. Et ils ne seront pas seuls : « En 2012, le concours n’avait pas pu avoir lieu en raison d’une trop faible participation. Afin de valoriser le parcours de créateurs retenus en 2012, ainsi que ceux de 2013, le Département a organisé en collaboration avec la Boutique de Gestion de Nîmes un concours “Espoirs” spécifique au Gard », précise Denis Bouad, Vice-Président du Conseil général délégué au développement économique et à l’emploi qui sait que « les entreprises ont besoin, au départ, de coups de pouce pour se faire connaître ». Retrouvez les noms de ces heureux gagnants, qui s’ajoutent donc à la liste de nos quatre lauréats gardois, sur gard.fr.

Ambassadeurs des Causses et Cévennes

Lancé par l’Agence de développement et de réservations touristiques du Gard, avec le soutien du Département, le club des ambassadeurs des Causses et Cévennes a délivré ses premiers diplômes en juin dernier.

Etablie depuis 15 ans dans les Cévennes, Corine de Royer est devenue ambassadrice des Cévennes, le 19 juin dernier. Une mission que l’herboriste prend très à cœur. A Saint Hippolyte du Fort, ses ateliers des Plantes proposent balades et ateliers d’arts plastiques au public. Sur les bords du Vidourle, en remontant vers sa source, les petits groupes de passionnés, venus du Gard et d’ailleurs marchent prudemment : la flore cévenole rythme sa progression. Haltes devant le houblon, le plantain, l’ortie, l’impatience… « Chacune a ses vertus médicinales ignorées du grand public. A mon installation à Saint-Hippolyte, j’ai beaucoup appris des bergers. Ce savoir, je le transmets quotidiennement. Aujourd’hui, mon adhésion au Club des ambassadeurs est un couronnement. » A partir de septembre, Corine de Royer enseignera les vertus des plantes fourragères à ses visiteurs matinaux – une manière d’expliquer l’agropastoralisme qui, en juin 2011, a valu au territoire des Causses et Cévennes d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Même approche pédagogique au domaine d’Apradis, à Saumane. Propriétaire de gîtes, Max Fromentin explique à ses hôtes le châtaigner, la sériciculture, la guerre des camisards et le pastoralisme : « Apradis, traversé par un chemin muletier, servait jadis de pâture à moutons. Anne Lashermes, bergère, y perpétue l’élevage et bénéficie d’une convention de pâturage avec le domaine. »
A Saint Jean du Gard, Daniel Travier, conservateur du musée des Vallées cévenoles et administrateur au parc national des Cévennes a suivi le dossier d’inscription des Causses Cévennes au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis l’origine. « Dans la dénomination du bien classé – "espace culturel évolutif vivant", le mot "vivant" doit prendre tout son sens. La mission de ce club d’ambassadeurs est d’expliquer la richesse de notre patrimoine et des savoir-faire ancestraux. Les paysages cévenols, façonnés par l’homme depuis des siècles, ne se donnent pas à voir du premier coup d’œil. Aux ambassadeurs, d’être des guides et des passeurs de mémoire. »

- Corine de Royer pour l’atelier des plantes à Saint-Hippolyte du Fort : 06 16 53 49 73
- Daniel travier du Musée des Vallées cévenoles à Saint-Jean-du Gard : 06 87 84 21 76.

Kiosque à fringues

Une robe fleurie à 1 €, un jean de marque à 2,50 €, un costume d’homme à 5 €, une poussette à 20 €… Créé en avril 2012 à Saint-Julien-les-Rosiers, le Kiosque à fringues offre à tout public l’attrait d’une jolie boutique bien achalandée … mais pas chère du tout. Vêtements, bijoux, chaussures, matériel de puériculture, jouets – le tout en excellent état : de quoi faire face à la rentrée scolaire en toute sérénité. La particularité de ce service ? Etre géré par un centre social et culturel, le Kiosque, et être animé par des bénévoles : Agnès, Bernadette, Martine et Valérie, qui trient impitoyablement, étiquettent et mettent en rayons.
Le directeur du centre, Jean-Yves Lantoine, n’en est pas à son coup d’essai : c’est lui que Gard Mag avait déjà suivi dans un projet de navette solidaire, qui avait pour objectifs de permettre aux habitants non motorisés de sortir de leur isolement et d’effectuer des démarches, mais aussi de créer un emploi de conducteur. Cette fois encore, l’idée de vendre des habits est un moyen de rencontrer des familles en difficulté et de prévoir avec elles d’autres activités, comme le rappelle Corinne Ribeyre, référente familles : « Cette année, nous avons pu créer un atelier de confiance en soi… qui s’est achevé par un défilé de mode des participants, avec des habits du Kiosque à fringues ! » Le directeur le confirme : « Si le centre permet aux plus modestes de s’habiller dignement – l’essentiel de notre gamme de prix se situant entre 10 centimes et 2,50 euros, nous accueillons aussi beaucoup de familles qui fréquentent les friperies à la recherche d’un coup de cœur. Cette mixité est importante. Le but premier n’est pas de réaliser des ventes, mais de mettre en place une dynamique. » 216 familles, venues de dix-huit communes, ont déjà fréquenté le kiosque en un an.
Souci du recyclage, gestion participative avec les bénévoles : le Kiosque à fringues obéit aux lois du développement durable. Agréé par la CAF, soutenu par la Ville et le Département, le centre n’a qu’un credo : « proposer des réponses aux besoins exprimés par la population ».
Avis aussi à ceux qui sont prêts à donner les vêtements ou accessoires qui les encombrent…

16 place de l’Eglise, Saint-Julien-les-Rosiers, tél. 04 66 86 52 06 ou cslekiosque@free.fr, lundi de 14h à 16h, mardi de 9h à 12h, mercredi de 9h à 12h, jeudi de 14h à 17h, vendredi de 9h à 12h. Fermé en août.

Eric Agrinier, champion de course à pieds

Eric Agrinier, capitaine de sapeurs pompiers au SDIS de Sommières, a été sélectionné en équipe de France de 100 kilomètres et représentera la France aux championnats du monde de la discipline, le 26 octobre prochain à Durban, en Afrique du Sud.
Une course de cent kilomètres équivaut à une journée de travail d’un peu plus de sept heures durant laquelle, au lieu de s’installer à son bureau, on court sans interruption, à une moyenne de 14 km/h : cette épreuve qui, aux dires de l’entraîneur, « commence au soixante-dixième kilomètres, quand il faut puiser au fond de soi des ressources jusqu’alors insoupçonnées », en rebuterait plus d’un. Pas Eric Agrinier qui a pourtant débuté sur le tard, après un passé de joueur de foot. Repéré par Michel Lelut, sportif de haut niveau et formateur des jeunes recrues au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), il intègre le Club d’athlétisme des Sapeurs Pompiers du Gard dès sa création, en 1995. Depuis lors, il lui est toujours resté fidèle, malgré les succès et les appels du large : « La rencontre avec Michel a été une aubaine : la bonne personne au bon moment. » Mais la chance ne suffit pas : « Il faut, en plus d’une famille compréhensive qui nous soutient, une détermination de tous les instants et une grande rigueur. » Qualités détectées par Bernard Brun, autre entraîneur de haut vol depuis 1972, spécialiste de la discipline, devant lequel Eric Agrinier a le cran de se présenter un jour, blessé, âgé d’une quarantaine d’années, en annonçant : « J’ai un rêve, avant de finir ma carrière sportive : je veux intégrer l’équipe de France ». L’Alésien de 63 ans n’hésite pas une seconde : « J’ai senti qu’il avait mûri son projet. J’avais en face de moi le candidat idéal : quelqu’un qui respecterait ses engagements et les consignes strictes, comme l’heure du coucher, les rythmes d’hydratation, la nature des repas… Eric est très structuré. » A son âge, il a déjà le grade de commandant – même s’il n’occupe pas encore cette fonction.

Mais, pour pratiquer le haut niveau, il faut un corps de compétition : « Comme il avait des douleurs musculaires et de petites blessures, je l’ai orienté vers un célèbre nutritionniste du sport, Denis Riché. » Eric Agrinier a consulté aussi un kiné, Cédric Rocher. C’est donc toute une petite équipe qui a pu s’enorgueillir de ses premiers résultats : malgré des conditions météo difficiles lors des entraînements et un parcours réputé difficile le jour de l’épreuve, Eric gagne le 27 avril dernier, à Belvès, son billet pour les championnats du monde en Afrique du Sud. Fait extraordinaire : « C’était son premier “100 km” », une course très traumatisante qui ne se répète pas, mais qui se prépare, « avec des phases de récupération tout aussi pénibles, quand elles se transforment en période de doute ». Bernard Brun nuance : « Le 100 km n’est pas une épreuve surhumaine, mais justement très humaine : les sportifs ne sont pas des robots, ils vont chercher quelque chose en eux-mêmes. Je les respecte : ils ont tous un métier, une vie sociale, ce sont des papas et des mamans qui ont les pieds sur terre. Leur petit grain de folie, c’est d’aller courir tous les jours. La seule gratification qu’ils peuvent en tirer n’est pas financière : c’est le résultat. » Il faut aussi du détachement, « ne pas être mû seulement par la volonté, mais aussi par le plaisir ». Un plaisir que ne boudera par notre champion gardois à Durban.

Ecoutez le magazine en ligne :

http://www.franclr.fr/CG30/09.mp3

09
http://www.franclr.fr/CG30/09.mp3

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