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Vu du Gard #6

Vu du Gard #6

GardMag n° 94 - Février 2013

publié le lundi 11 février 2013

- Rédaction en chef : Radio Grille Ouverte
- Productions de sujets : Radio Système, Radio 16, Radio Grille Ouverte et Alliance +


au sommaire de cette émission :

TPE gardoises : prime à l’audace

Amateur d’équitation, Virgile Cazals a ressuscité un métier disparu : sellier, l’ancien bourrelier des villages ». 

A 27 ans, Virgile Cazals est le plus jeune artisan de France dans le domaine pointu de la confection sur mesure, l’un des derniers à prendre le temps de découper, coudre et clouter le cuir. Le résultat tient autant de l’œuvre d’art que du matériel de cavalerie. Deux cents heures de travail et près de cent cinquante opérations réalisées pour l’assemblage d’une selle camarguaise : à l’atelier d’Aigues-Mortes, les journées sont longues. Sorti des nouveaux locaux – Virgile y a aménagé en janvier 2012 – l’artisan part à la rencontre de clients exigeants, écuyers olympiques ou cavaliers professionnels. Il résume rapidement son agenda : « On se lève, c’est cheval. On travaille, on mange, on dort, c’est cheval. » Un nombre incalculable de sacrifices, une exigence extrême…

A vingt-sept ans, le jeune homme marche vers la perfection à allure forcée. Ses modèles furent jadis ses mentors. Ils sont aujourd’hui ses clients : auprès de Jean-Luc Parisot, responsable de l’atelier sellerie de l’école
de cavalerie de Saumur, et Jean-Louis Guntz, maître-écuyer du Cadre Noir,
tous deux meilleurs ouvriers de France, Virgile Cazals a appris la patience et l’humilité. Le ressort de son énergie : un accident qui le laissa à demi-paralysé pendant trois ans. Son rêve : ouvrir son propre show-room à Montpellier, à l’instar d’Hermès à Paris. En attendant de le concrétiser, Virgile prépare le concours du meilleur ouvrier de France et innove encore : sa dernière création, un système révolutionnaire de prothèses pour la rééducation des chevaux blessés.

Sellerie Virgile Cazals à Aigues-Mortes – www.sellerie-cazals.com

Senfas ou l’exigence bio

Les filières courtes et le bio : une histoire de vingt-cinq ans déjà pour Michel d’Ozenay, Bourguignon qui a créé Senfas à Saint-Privat-des-Vieux – une entreprise qui fabrique et distribue des produits certifiés notamment par Ecocert. Ce mercredi, on assiste à la fabrication de 4000 steaks végétaux à l’heure… Mais, demain, les ateliers seront reconfigurés pour cuisiner des flans aux châtaignes ou de l’estouffade de bœuf aux champignons. L’ancrage régional n’est pas un gadget. L’approvisionnement en bœuf et veau se fait à partir de sites d’élevage, d’abattage et de découpage devant être situés à moins de dix kilomètres.

Et les deux dernières marques créées par Michel d’Ozenay déclinent toute une gamme de vieilles recettes cévenoles à partir de produits régionaux (cassoulet du Causse, ragoût du berger, tripes d’Alès, saucisses d’Anduze aux lentilles…). On les trouve sous les marques “Mijotés cévenols” pour la grande distribution et “Cévennes gourmet” pour les épiceries fines et petits commerces.

Dans bien des domaines, Michel d’Ozenay est un précurseur. Premier en France pour les steaks bio sans gluten, seul en Europe à maîtriser toute la fabrication de raviolis cuisinés également sans gluten (livrés à Auchan, Casino etc.), ateliers garantis sans allergènes, seule entreprise du Gard à maîtriser la stérilisation en barquettes plastique… : « Ces efforts se sont traduits par de lourds investissements et des années de mise au point, mais nous voulons rester dans le développement durable jusqu’au bout : nous récupérons aussi la vapeur de nos machines et réalisons ainsi des économies d’eau et de chauffage, en fonctionnant en circuit fermé. »
Le développement durable est aussi un mode de gestion : la PME compte cinq cadres (essentiellement des femmes), les décisions sont prises collégialement, les 30 salariés ont de réelles possibilités de progression au sein de l’entreprise, les agents de maîtrise sont majoritaires, le recrutement souvent local…
Même le marketing est “fait maison” pour les dernières productions. La NEF (Nouvelle Économie Fraternelle), société coopérative de finance solidaire qui ne soutient que les entreprises respectueuses de l’homme et de l’environnement, ne s’y est pas trompée : elle a spontanément investi dans Senfas.

Alors, quand la très médiatique Babette de Rosières, chef cuisinier qui officie notamment sur France 5, choisit cette entreprise gardoise pour la création d’une gamme qui portera son nom, on n’est pas surpris. A découvrir lors du prochain MIAM, à Alès.

SENFAS, 18 avenue Paul Valéry, Zone artisanale Les Espinaux, Saint-Privat-des-Vieux, www.senfas.com

“Un toit, une œuvre” : l’art en partage

Depuis 2003, la Communauté de Communes Vivre en Cévennes est partenaire de l’Artothèque de Nîmes, à laquelle elle emprunte une quarantaine d’œuvres d’art contemporain par an, afin de les faire circuler sur son territoire. Les habitants des huit communes, comme les collectivités et les entreprises, peuvent gratuitement les héberger pendant deux mois – d’où le nom de l’opération : « Un toit, une œuvre »…
Et les écoles ne sont pas en reste.

Donner un toit à une œuvre : des écoles se sont emparées de l’idée, pour l’intégrer à leur projet pédagogique. Elles peuvent bénéficier de l’intervention de l’artiste plasticienne Bettina Kraemer, qui anime des ateliers à raison de deux heures hebdomadaires. A l’école primaire du Martinet, Bettina vient depuis longtemps. Les enfants lui sautent au cou. Au mur, l’œuvre réalisée l’an dernier, à partir de photographies de plaques d’égout. Sébastien Ferigal, le directeur, a souhaité cette fois construire un projet, « Tous artistes », sur le thème de “La forêt mécanique”. Les enfants se répartissent en trois ateliers, tous âges mélangés : danse, théâtre et arts plastiques.

Site de L’Artothèque Sud

Alcide en toutes (belles) lettres

On avait découvert la maison d’édition Alcide, créée à Nîmes en 2005, par les magnifiques textes de Gilbert Léautier, écrivain d’Aujac ; on l’a vue grandir avec sa collection Panorama, qui invite de grands photographes à exprimer leur talent sur la région – comme Mario Colonel avec Cévennes ; puis on l’a sentie s’ancrer plus profondément dans le territoire et sa mémoire, avec des œuvres aussi différentes que Stevenson en Cévennes, de Michel Verdier (collection Grand Angle), ou La nuit des Camisards, de Lionnel Astier, dans la collection Découverte – dont une des dernières publications, Jean-Pierre Chabrol, le rebelle, de Michel Boissard, a reçu le Cabri d’Or 2012 (Prix de l’Académie cévenole).

L’idée d’une série dédiée aux grands auteurs gardois avait d’ailleurs séduit le Conseil général, partenaire du projet. Francis Ponge, Vies parallèles, comme Francis Ponge, profession : artiste en prose, de Gérard Farasse, et le Petit dictionnaire des écrivains du Gard de Serge Velay, Michel Boissard et Catherine Bernié-Boissard ont déjà vu le jour. En 2013 sortira un livre sur Jean Paulhan. Le but ? « Donner envie d’aller lire les auteurs gardois », rappelle modestement Yann Cruvellier, l’éditeur, très investi dans son rôle de passeur. « Les faire rayonner au-delà des frontières gardoises », ajoute Serge Velay qui dirige cette collection. A la suite de Visas pour le Gard, publié chez Au Diable Vauvert, le Département voulait continuer à illustrer les figures remarquables du paysage gardois. Marc Bernard, Jean Carrière, Christian Liger, Antoine Rivaroli dit Rivarol…
La liste est longue. Alcide publie quinze livres par an, exigeants sur le fond comme sur la forme. Un vrai tour de force, dans un contexte éditorial difficile.

Éditions Alcide, 11 rue Marc-Sangnier à Nîmes, www.editions-alcide.com

Écoutez-le magazine :

http://franclr.fr/CG30/06.mp3

06
http://franclr.fr/CG30/06.mp3

Voir en ligne : Conseil Général du GARD

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