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Vu du Gard #5

Vu du Gard #5

GardMag n° 93 - Décembre 2012

publié le jeudi 20 décembre 2012

- Rédaction en chef : Delta FM
- Productions de sujets : Radio Système, Radio Escapades, Alliance + et Delta FM


au sommaire de cette émission :

Service départemental d’incendie et de secours (SDIS)

Un groupe qui a du chien

A l’heure où le Conseil général approuve le Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR), zoom sur une unité spécialisée du SDIS, peu connue mais aux performances spectaculaires : le groupe cynotechnique.

Impressionné et ému : on l’est forcément en assistant au sauvetage, par un chien, d’une victime ensevelie sous les décombres. Même si l’opération se répète dix fois, même si ce n’est qu’un entraînement. Car le groupe cynotechnique du SDIS du Gard – composé de 12 sapeurs pompiers dont 8 maîtres-chiens venus de différentes casernes (Barjac, Alès, Sommières…) – se retrouve une fois par semaine pour tester, sur tous types de terrains, le flair de ses chiens.
Ce vendredi de novembre, la pluie tombe à Garons. Pas de quoi perturber les bergers allemands, belges malinois et hollandais, en formation ou brevetés, impatients de se livrer à leur activité préférée. Vifs et intrépides, ces chiens sont capables de repérer en quelques minutes des personnes enfouies sous les gravats, suivis par leurs maîtres qui lèvent un bras quand l’animal fait, dans leur jargon, “un marquage” et aboie – indiquant la présence d’une victime. « Le maître-chien et son animal sont un binôme indissociable, souligne le capitaine
Sébastien Rouquette, chef du centre de secours de La Grand’Combe. La particularité de notre unité, c’est que les chiens nous appartiennent et sont gardés au sein de la famille. Ce n’est pas comme un plongeur qui range ses bouteilles d’oxygène le soir… »
On l’a compris, c’est la passion qui guide ces homme et cette femme, Audrey, maître-chien depuis vingt ans qui confirme avec humour être « une mordue du chien ».

Améliorer la couverture des risques

Le pouvoir olfactif de l’animal est tellement développé qu’aucune technologie n’est capable à ce jour de le remplacer. Très utile pour les recherches de personnes égarées en milieu naturel, d’autant que les activités de pleine nature (VTT, cueillette des champignons etc.) occasionnent de fréquentes disparitions. Dans ce domaine, le capitaine souhaite voir aboutir une convention avec la gendarmerie nationale, à l’image de ce qui se fait dans d’autres départements, pour mutualiser les moyens.

Car ces séances, pour ludiques qu’elles apparaissent aux chiens, ne sont pas qu’un jeu. Le Gard est exposé au risque d’effondrement dans de nombreux cas : risques liés à “l’après-mine” au nord du département (galeries instables), glissements de terrain en Cévennes, risque sismique en Gard rhodanien. Quant aux effondrements de bâtiments, elles peuvent se produire partout à tout moment (explosion de gaz…).

Tous les risques naturels et technologiques du Gard sont recensés dans le SDACR adopté le 25 octobre dernier par l’assemblée départementale pour organiser la réponse opérationnelle adaptée. Alexandre Pissas, conseiller général du canton de Bagnols-sur-Cèze et président du conseil d’administration du SDIS, les rappelle : « Feux de forêt, inondations, risques industriels et nucléaires, intense trafic ferroviaire et routier...C’est ce cumul qui justifie notre volume d’activité important, d’autant que nous connaissons une fréquentation touristique intense l’été et une forte croissance démographique. »

Il fallait donc s’adapter :

- renforcement du maillage des 28 centres de secours, redécoupage des secteurs d’intervention,

- développement du volontariat, et maintien du niveau d’équipement actuel dans un contexte budgétaire pourtant difficile.

Galeizon : au milieu coule une rivière

Une petite vallée cévenole à cheval entre Gard et Lozère.
Le Galeizon, cinq communes, 2700 habitants et près de 9000 hectares est un écosystème diversifié, un patrimoine d’exception (espace naturel sensible, classé "réserve de biosphère des Cévennes" et site Natura 2000), une agriculture traditionnelle… Un milieu riche mais fragile. « Depuis vingt ans, le Syndicat mixte de la vallée du Galeizon s’attache à démontrer qu’un développement socio-économique d’un territoire associé à la préservation des patrimoines naturel et culturel, n’est pas paradoxal, bien au contraire, explique Émilie Brès, responsable du syndicat.

Les missions du syndicat vont bien au-delà de la préservation de la nature :

- gestion de la rivière, de la ressource en eau,
- animation d’un Agenda 21, lutte contre les espèces invasives,
- accompagnement des collectivités dans leurs projets,
- animation d’une démarche de soutien et de développement de l’agriculture,
- éducation à l’environnement,…
sont le quotidien de la petite équipe du Syndicat, quatre techniciens basés à Cendras. Afin de mobiliser et d’impliquer la population autour de la préservation de la nature et d’améliorer les connaissances naturalistes du territoire, le syndicat, avec l’appui technique et financier du Parc National des Cévennes et du Conseil Général du Gard, a mis en place en 2008 un observatoire scientifique du territoire. Aujourd’hui près de 30 personnes participent aux inventaires faune et flore menés sur la vallée, plus de 900 espèces végétales ont été ainsi inventoriées.
Bernard Théveny, enseignant au collège Léo-Larguier de la Grand’Combe, a souhaité devenir membre de l’Observatoire scientifique.
Il participe chaque année aux prospections organisées par le syndicat sur des thématiques très variées (flore, libellules, papillons,…). C’est un véritable réseau qui s’est créé, on partage nos savoirs, nos découvertes, on échange nos idées,…

Nous travaillons ensemble sur une jeu sur la biodiversité pour les scolaires par exemple ! Comme celles des trente autres observateurs de la vallée, les découvertes de Bernard enrichissent régulièrement la base de données du
Syndicat. Sur les bords du Galeizon, pêcheur invétéré, il chasse désormais la Macromia splendens, une libellule rare.

Coopératives : l’homme au cœur du système

Pourquoi célébrer une Année internationale des coopératives à Nîmes ? Pour Jean-Pierre Bugada, responsable en France de la communication de l’ONU, à l’origine de la célébration, « dans un contexte économique mondial difficile, les coopératives offrent un modèle entrepreneurial alternatif, repris sur tous les continents. Elles démontrent qu’il est possible de concilier viabilité économique et responsabilité sociale. » Jean-Claude Woillet, président du collectif nîmois pour l’organisation de l’année internationale des coopératives, explique : "Il y a 127 ans à Nîmes, deux visionnaires, Auguste Fabre et Édouard de Boyve créent les coopératives". Focus sur l’une d’entre elles, Conserves Gard, qui fête ses 50 ans

Cent cinquante coopérateurs, répartis sur cinq départements (Gard, Hérault, Vaucluse, Bouches-du-Rhône et Ardèche), une production fruitière qui fait du groupe l’un des leaders français de l’agroalimentaire…

En un demi-siècle d’existence, Conserves Gard a fini par symboliser la réussite et la pérennité du modèle coopératif agricole. Pour Lionel Jean, conseiller général délégué à l’agriculture, « l’industrie gardoise. » Son succès, Conserves Gard le doit à un modèle bien huilé, explique son président Thierry Meynier de Salinelles. A la base, trois rouages : en amont, les agriculteurs (pêches, poires, prunes, cerises et coings) ; en aval, un transformateur spécialiste des sirops de fruits, la société Saint Mamet-Conserves France ; pour intermédiaire, la coopérative, qui contrôle la qualité des fruits, négocie les prix, anticipe et planifie. « Si le modèle fonctionne aussi bien, précise Frédéric Schiavon, directeur de Conserves Gard, c’est d’abord parce les responsabilités sont clairement partagées. Les cultures pérennes autorisent ensuite un engagement triennal, voire quinquennal, des producteurs au sein de la structure. Ses statuts sont souples : un conseil d’administration qui regroupe l’ensemble des agriculteurs ; un bureau décisionnaire ; un binôme président-directeur aux manettes. »
Mais il y a plus – un supplément d’âme, qui tient à des valeurs de confiance et de solidarité partagées. Intarissable sur le sujet, Thierry Meynier de Salinelles fait l’éloge du modèle : "Le statut coopératif, ce sont des hommes, pas des dividendes ; des risques pouvoir ; une adaptation à l’évolution de la société, et pas l’inverse."
De là à tomber dans le prosélytisme, il n’y a qu’un pas que le président de Conserves Gard franchit allègrement : « Le mouvement coopératif a perduré et se développera. Il est l’avenir des jeunes agriculteurs. Pour passer le flambeau, il faut aujourd’hui rajeunir les troupes. »

Le Département, associé au collectif nîmois pour l’organisation de l’année internationale des coopératives, encourage cette tendance.

Céline et la dernière séquence (d’ADN)

Allons du très grand à l’infiniment petit : Marcoule, 5000 employés ; Commissariat à l’énergie atomique (CEA) : 1.500 salariés ; chercheurs : 700 ; Département de biochimie et de toxicologie nucléaire de la direction des sciences du vivant : 80 ; femme doctorante de 28 ans cherchant à améliorer l’annotation du génome permettant de prédire la position et la fonction des gènes : Céline Bland. Un cas exemplaire, qui justifie la bourse L’Oréal France-Unesco-Académie des sciences que cette ingénieure chimiste formée à Lyon vient de recevoir, et qui vise à encourager les femmes à se lancer dans la recherche. Céline emploiera ces 15 000 € à visiter des labos partout dans le monde, participer à des congrès, notamment au Japon.
Car la motivation, elle l’a depuis longtemps : « Ma passion des sciences était précoce, et après des séjours à l’étranger (un contrat à San Diego, un projet pour un labo de l’Indiana près de Chicago, et son projet de fin d’études près de Munich), je me suis portée candidate pour une thèse repérée sur un site de recherche ».

Véritable « artiste scientifique »

Son cursus a séduit Jean Armengaud, chef du laboratoire de biochimie des systèmes perturbés (labellisé “chercheurs d’avenir confirmés”, ce qui vaut à cette thèse un cofinancement de la Région), qui insiste sur les qualités de sa recrue : « la curiosité, l’imagination – car, si on répète les expériences déjà réalisées par d’autres, on n’inventera jamais rien, il faut être un peu artiste – mais aussi la persévérance, pour rebondir après un résultat négatif, et le dialogue, car c’est un travail d’équipe. » Céline, de son côté, apprécie l’encadrement pédagogique et les moyens dont l’équipe est dotée, comme ce spectromètre de masse dernier cri.

L’enjeu, en recherche fondamentale ? Mieux comprendre le fonctionnement des êtres vivants : « Par exemple, on a estimé à environ 25 000 les gènes humains, mais leur nombre précis n’est toujours pas connu, dix ans après avoir séquencé le génome ». D’où l’intérêt de la protéogénomique, consistant à intégrer au niveau de l’annotation du génome des données collectées sur les protéines. Céline sélectionne des micro-organismes, récupère des protéines et les analyse en spectrométrie de masse. A l’avenir, ces recherches permettront de certifier
les bases de données des génomes car, actuellement, 15 % des informations collectées sont fausses. Quant à son avenir à elle, Céline le voit « toujours dans la recherche mais appliquée, dans l’industrie pharmaceutique ».

Écoutez-le magazine :

http://franclr.fr/CG30/05.mp3

05
http://franclr.fr/CG30/05.mp3

Voir en ligne : Conseil Général du GARD

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