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RNT - David Kessler estime que la radio numérique ne peut pas être lancée

RNT - David Kessler estime que la radio numérique ne peut pas être lancée

Article inspiré de l’article du Monde du 11 mai 2011

publié le vendredi 13 mai 2011

L’ancien directeur de France Culture David Kessler préconise un moratoire "de 2 ou 3 ans" sur le déploiement rapide de la radio numérique terrestre (RNT), ainsi que des expérimentations locales, dans un rapport remis au premier ministre, François Fillon. M. Kessler avait été chargé en juin 2010 de mener une mission sur le lancement de la RNT, inscrit dans la loi de 2007 sur la modernisation de la diffusion audiovisuelle mais sans qu’aucune date n’ait été fixée.


En préambule, et après avoir entendu la plupart des acteurs concernés par cet épineux dossier, David Kessler a exposé leurs différentes positions, qu’elles soient favorables ou non à la RNT. Au terme de ce préambule, les conclusions de David Kessler sont sans équivoque : il estime que "dans cette situation où les tensions sont grandes concernant la RNT, il nous paraît clairement que les conditions ne sont pas réunies économiquement pour un lancement à grande échelle de la RNT". Il indique notamment que les grandes radios nationales ont "maintenu leur opposition à la RNT (...) voire l’ont renforcée, estimant qu’elles ne pourraient pas supporter longtemps un coût de diffusion très faiblement compensé par des perspectives incertaines de recettes nouvelles". À l’inverse, la RNT a bénéficié du soutien des radios associatives et du SIRTI, "sous réserve de sa faisabilité économique"p, précise David Kessler.

Concernant le modèle de diffusion de la radio sur IP, David Kessler estime que "il importe de penser et d’articuler la RNT et la radio sur IP en tenant compte des spécificités de chaque mode, et non pas de calquer l’un sur l’autre". Il rappelle par ailleurs que "la confrontation entre les partisans et les opposants à la RNT crée des débats très vifs depuis maintenant plusieurs années". Mais, pour David Kessler, "les arguments des sceptiques ayant pesé pour l’instant davantage, et ayant même gagné du terrain, la RNT se trouve être dans une impasse".

Sur la viabilité économique de la RNT, David Kessler rappelle que l’investissement des pouvoirs publics "ne pourra aller au-delà de ce qui est prévu", c’est-à-dire un soutien à Radio France via la redevance et aux radios associatives via le FSER. "En aucun cas, le grand emprunt destiné à des technologies numériques innovantes ne pourrait être utilisé pour la RNT", indique David Kessler. Cette piste avait été formulée par le SIRTI il y a quelques mois. Il ajoute que "les pouvoirs publics n’ont pas les moyens de financer la totalité du réseau", précisant que "les opérateurs privés qui auraient en principe, les moyens de supporter le développement de la RNT sur l’ensemble du territoire ne souhaitent pas le faire".

Comme pour le passage à la TNT, la généralisation de la RNT supposerait le renouvellement de l’ensemble des équipements de réception. Cette technologie permet cependant d’améliorer nettement la qualité du son, et libérerait des fréquences. En cours de déploiement aux Etats-Unis ou encore en Allemange, la RNT s’est heurtée, en France, à l’opposition de la plupart des grands acteurs du secteur (RTL, Europe 1, le groupe NRJ et le groupe NextRadioTV), qui mettent en avant les investissements qu’il leur faudrait réaliser comme frein au déploiement de cette technologie. Les premiers tests, prévus pour décembre 2009, ne sont plus à l’ordre du jour.

P.-S.

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Rapport Kessler intégral

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