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Parier, mais pas tricher ?

Parier, mais pas tricher ?

publié le vendredi 5 octobre 2012


Aucun doute, 29 M€ inscrits au Projet de Loi de Finances 2013 pour le FSER, c’est une victoire pour les radios associatives.

Au moment où le budget de l’Etat et plus précisément celui du Ministère de la Culture et de la Communication sont contraints comme jamais, maintenir l’étiage au niveau antérieur est un véritable succès.

Il n’est aucune organisation qui puisse se l’approprier, tenter de le faire croire serait prendre les radios pour des imbéciles, tant la demande de ne pas voir l’enveloppe diminuer était partagée et commune à tous.

Pour autant, cette bonne nouvelle n’est pas suffisante pour permettre le maintien des aides à leur niveau antérieur.

Alors que la Commission du FSER s’interroge encore sur ses méthodes et rythmes de travail et risque de limiter le rôle de ses membres à de la figuration, il apparaît clairement que l’augmentation du nombre de radios éligibles va se traduire, à enveloppe constante et qualité constante des dossiers, par une baisse des aides sélectives attribuées à chaque radio.

Comment en arrivons nous là, à un moment où nombre de radios historiques viennent de mettre la clef sous la porte ?

La réponse est à chercher du côté des radios « multi-départs », la version techno du montage bien connu visant à obtenir plusieurs aides du FSER pour un seul programme : depuis un seul et même ordinateur, sans accroissement de personnel ni ouverture de studios, il est désormais possible de générer des programmes présentés comme distincts sur des territoires de plus en plus étendus.

Une seule condition, obtenir le blanc-seing de du CTA qui liera la décision favorable du FSER. Il n’y a qu’à lire les autorisations CSA publiées au JO, pour constater combien ce sont très souvent les mêmes opérateurs de catégorie A qui sont cités. La publication en RNT sur Paris, Marseille et Nice ne fait que rajouter à la liste.

Cette pratique, paradoxalement, n’interroge pas les pouvoirs publics, malgré le rapport déposé par la CNRA sur la définition d’un véritable Service de communication sociale de proximité.

Ce système de siphonnage des fonds publics dénote du grand sens des affaires et l’appétit de leurs promoteurs, de leur peu de sens moral et de leur disqualification à parler d’action collective pour défendre notre secteur.

Un peu comme pour des champions olympiques, reconnus internationalement, qui en viendraient à parier sur la défaite de leur propre équipe...

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3 Messages

  • Parier, mais pas tricher ? 13 octobre 2012 16:15, par Hugues Schamberger

    Merci Jean Paul pour la clarté dont tu fais preuve ici.
    Tu mets des mots sur un malaise on ne peut plus prégnant jusqu’au sein même des fédérations (et j’en sais quelque chose). Reste à savoir comment le faire valoir, afin de "faire le ménage" sans pour autant dévaloriser le secteur dans son ensemble aux yeux de gens qui visiblement ne l’abordent pas avec énormément de subtilité.
    Dans tous les cas tant que le prescripteur est aussi éloigné du payeur, il paraît difficile d’avancer dans ce sens. En tout cas, merci encore, pour ça. Au moins ça fait du bien de le lire.

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    • Parier, mais pas tricher ? 13 octobre 2012 20:58, par JP.Gambier

      Salut Hugues,
      Je suis persuadé que nos deux Fédérations ont toute leur part à prendre dans ce débat que la CNRA a ouvert sous l’impulsion de Hervé Dujardin.
      Tous nos représentants à la Commission du FSER doivent clairement faire connaitre la réalité du terrain, prendre position et mettre nos tutelles devant leurs responsabilités.
      A suivre...

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  • Parier, mais pas tricher ? 29 octobre 2012 14:22

    Mme Martine MARTINEL, Députée de Haute-Garonne, a présenté son avis à propos du projet de loi de finances 2013 devant la commission des Affaires Culturelles à l’Assemblée Nationale le 10 octobre 2012.

    Elle y reprend les inquiétudes de la CNRA devant ce qu’elle qualifie elle-même de dérive opportuniste en matière de subventions au décrochages locaux.

    Voir : LE SOUTIEN À L’EXPRESSION RADIOPHONIQUE LOCALE (FSER) : LA NÉCESSITÉ DE MIEUX DÉFINIR LE SERVICE RADIOPHONIQUE OUVRANT DROIT À SUBVENTION

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