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Les hébergés de Regain prennent l'Eko des garrigues

Les hébergés de Regain prennent l’Eko des garrigues

Articles de MidiLibre du 7 avril 2010

publié le jeudi 8 avril 2010


Regain en live !

Le centre d’hébergement d’urgence prend les ondes de l’Eko des garrigues. Au micro : Arnaud et Kamel. Deux échoués à Regain et restructurés qui disent ce qu’ils pensent des squats et de l’alcool, des fêtes destroys, des trottoirs à vomir, de la lune dans le caniveau et du mépris des passants. Ce duo a livré ses mots, plus durs que les pavés, aux animateurs de la radio libre de Montpellier. Qui non seulement les ont écoutés et enregistrés mais, en plus, les ont fait chanter. Facile. Arnaud et Kamel sont musiciens et pour l’Eko, ils ont retrouvé le rythme et donné leur voix.

Leur témoignage est le fruit d’un atelier radio impulsé par Thomas Brudin, éducateur spécialisé de Clermont- Ferrand en stage à Regain pour un mois. Auditeur de l’Eko, le jeune pro a contacté
l’équipe pour « parler de l’exclusion de l’intérieur ». Stéphane Tosi, directeur des ondes, a adhéré, « content de donner à ente ndre une autre vision » que celle officielle.

Épaulé par Stéphane Jalade, le technicien, Thomas a provoqué la discussion avec Arnaud et Kamel. Spontanées, les paroles ont fusé. « Pas aseptisées », apprécie Laurent Chaniac, président de l’Eko. Pour Kamel et Arnaud, l’exercice est premier. « On a parlé d’une réalité que beaucoup ne veulent pas voir. Mais elle est vraie. Dans la rue, les gens qui essayent de relever la tête tombent bien bas. » Histoire de paradis artificiels, de miroirs aux alouettes, de rapports de force et d’abus.

Les yeux cernés, fatigués, les deux intervenants ont apprécié pouvoir dire ce qui les sauve. Arnaud évoque un nid de feuilles mortes sur lequel il avait planté une tente en haut des Arceaux, de ses huit chiens et des riverains qui lui disaient bonjour et l’ont soutenu... Jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Kamel parle de son 33 tours de bossa nova enregistré à Toulouse et de son bonheur de rejouer de la guitare pour l’Eko... Et Thomas apprécie l’ouverture des ondes. L’attention accordée par les responsables de la radio. Leur liberté d’expression.

Les pirates de l’Eko

Si l’Eko des garrigues émet officiellement depuis 1983, elle a lancé ses premières émissions en 1975... Alternative, limite pirate, la radio montpelliéraine, désormais ancrée à Saint-Jean-de-Védas, emploie deux salariés et s’appuie sur une trentaine de bénévoles qui font tourner l’antenne 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.

Volontaire pour transmettre et toujours prompte à ouvrir ses micros, l’Eko des Garrigues a tissé des liens avec des lieux alternatifs, comme la Scierie de Figuerolles, et lancé des partenariats pérennes avec les élèves des Beaux-Arts de Montpellier et de Nîmes, avec l’association Adage, comme la Protection judiciaire de la jeunesse.

Espace d’expression et de formations professionnelles, l’Eko résiste sans se flétrir aux discours aseptisés.

Voir en ligne : L’Eko des Garrigues

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