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La FRANC-LR présente aux 38e Assises de la presse francophone

La FRANC-LR présente aux 38e Assises de la presse francophone

Nouveaux médias, nouvel enjeu européen, nouveaux défis francophones

publié le mardi 15 avril 2008


Table Ronde : Nouveaux médias : quelles mutations économiques ?
Bucarest (Roumanie) Vendredi 22 septembre 2006

Intervention de Jean-Paul GAMBIER, Président de la FRANC-LR.

Si la radio est un média gratuit, la radio a, comme tout autre média une économie.
C’est cette économie qui conditionne tout à la fois sa liberté éditoriale et ses moyens de diffusion, de plus en plus contraints par les normes et les technologies.

Un modèle francophone de média citoyen ?

Comme les radios communautaires d’Afrique ou du Canada, les 600 radios associatives françaises se définissent comme un média du lien social, un média citoyen (en référence à la formule de Philippe Labarde, alors qu’il était chargé de la Commission "radio" du CSA, sous la présidence de M. Hervé Bourges).

Nées à la légalité en 1981 grâce à François Mitterand, elles ont fait le choix de vivre sans ou avec un minimum de publicité.

Elles remplissent des missions de "communication sociale de proximité" en adéquation avec leur mode de diffusion FM (sur rayon de 40 km environ).

Elles reposent sur un statut associatif à but non lucratif et sur des équipes mixtes : des intervenant à l’antenne généralement bénévoles, encadrés par des professionnels salariés journalistes et techniciens.

Les journalistes n’y ont pas l’exclusivité du traitement de l’information (information essentiellement locale), ils sont soutenus sur des formats "magazine" par des bénévoles aguerris et appréciés.

A la différence du Canada et de l’Afrique, les radios associatives françaises bénéficient depuis leur création d’un Fonds de soutien qui repose sur un principe de péréquation et de compensation.
Les régies publicitaires des médias commerciaux payent une taxe qui leur est redistribuée sous forme d’aides publiques.

Ce fonds est aujourd’hui de l’ordre de 25 M d’euros et représente 40% de l’économie de ces radios. (Il est aujourd’hui menacé)

C’est depuis la Loi Trautmann que leurs missions sont définies avec précision et qu’une aide quinquennale est prévue pour leur permettre de moderniser leurs équipements.

C’est cette aide qui a permis l’accès aux nouvelles technologies numériques au service de leur cahier des charges et de la gestion de leur antenne.

Une distorsion éditoriale

Le premier effet a été la réorganisation des régies autour de l’outil informatique.
Est venu ensuite l’affichage sur le Net (streaming, diffusion simultanée) et la diversification du traitement des contenus (téléchargement et PODcasting).

Faute de choix des pouvoirs publics, les radios associatives n’ont pas encore été en mesure de se positionner sur les modes de diffusion numérique. Il y a là un risque de marginalisation, voir de disparition.

De l’hyperlocal au global, la radio associative n’est alors exposée à une distorsion éditoriale qu’en apparence. La radio associative est en effet en France le média des communautés, le vecteur de diffusion et de découverte des musiques du monde, celui des ONG (Amnesty et autres), etc...

C’est à ce titre qu’elles ont été à l’initiative d’une action de coopération décentralisée sous forme de "jumelages" avec des radios de l’Afrique de l’ouest avec le soutien du ministère des Affaires étrangères autour d’un objectif partagé de développement des médias indépendants.
(une dizaine de radios ont été impliquées de part et d’autre au Sénégal, Mali, Burkina Faso, Togo)

Après une formation initiale (assurée par Thetys) ces jumelages ont consisté en des échanges directs de savoir faire entre des radios du Nord, bien dotées mais marginalisées par les médias audiovisuels, et les radios du Sud, aux très faibles moyens mais médias de masse par excellence.

La connaissance et la maîtrise des nouvelles technologies ont été un temps fort de ces échanges. Elles en sont le vecteur (outils codec pour assurer des duplex Sud/Nord réguliers, etc..) malgré le désengagement du ministère des Affaires étrangères.

Cousinage en francophonie

C’est ce cousinage en radiophonie, et en Afrique, qui nous a permis de rencontrer, sur le terrain, nos confrères de l’Alliance de Radios Communautaires - ARC du Canada (qui développaient eux des "parrainages" Nord Sud) et avec qui nous venons de signer, à l’été, un accord de coopération internationale.

Basé sur des échanges de bonnes pratiques, cet accord utilise les nouvelles technologies pour dynamiser nos actions (modules de téléformation partagés).

Il traduit une volonté commune de développement des médias indépendants dans les valeurs éthiques de la francophonie sur nos continents comme en Afrique où nous espérons nous retrouver ensemble bientôt.

Voir en ligne : Le compte-rendu sur site de l’Union de la Presse Francophone

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