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L'exil et les barbelés

L’exil et les barbelés

un ouvrage de Colette Berthes publié aux Editions Riveneuve

publié le lundi 18 avril 2011

Les éditions Riveneuve nous proposent un ouvrage singulier intitulé « L’exil et les barbelés ».

Colette Berthes y retrace la vie du camp de concentration de Septfonds, prés de Montauban.

Sans être administrativement dans la région Languedoc-Roussillon, cette histoire, intimement liée aux sort réservé aux Républicains d’Espagne, fait écho à celle des camps sur "nos" plages, à celui de Rivesaltes ou d’ailleurs.


La France des camps a été décrite par de nombreux ouvrages. Démarche universitaire ou quête mémorielle des fils-et-filles des républicains d’Espagne pour qui ces camps « du mépris » ont été improvisés, le sujet central de ces ouvrages reste le plus souvent les populations civiles ou militaires qui y ont été internées, sans jugement, du simple fait de leur origine.

Les éditions Riveneuve nous proposent un ouvrage singulier intitulé « L’exil et les barbelés ». Il est totalement consacré au camp de concentration de Septfonds, prés de Montauban.

Ce camp, également nommé « Camp de Judes », a été improvisé dans un champ du Bas-Quercy, entre le 5 et le 12 mars 1939, pour y détenir pas moins de 16.000 combattants de l’armée républicaine espagnole, arrivés en France le mois précédent, lors de « la Retirada » qui a marqué la fin de la guerre civile espagnole.

Autre particularité de cet ouvrage, il est le fait d’une enfant de Septfonds qui a conçu, à partir de cette expérience de jeunesse, un engagement à combattre l’injustice sa vie durant.
Cette même injustice qui crevait le cœur des combattants antifascistes vaincus, traités comme des criminels par le « pays des Droits de l’Homme », pour n’avoir simplement défendu l’idéal démocratique.

C’est au travers d’une recherche minutieuse auprès des témoins survivants, dans la presse locale ou les archives que Colette Berthes a bâti son ouvrage.

Il se structure en 16 chapitres thématiques qui retracent parfois chacun la vie du camp entre 39 et 45..
Ce parti pris qui renforce la cohérence et l’autonomie des chapitres, amène parfois à des redites.

C’est au travers de ce récit que l’univers concentrationnaire se révèle dans sa brutalité militaire et son absurdité administrative.
A Septfonds comme ailleurs, la République puis l’État français se sont relayés pour interner tour à tour espagnols, polonais, juifs et collabos.

Colette Berthes nous en dresse un portrait parfois picaresque, d’où émergent certaines familles devenues célèbres par la suite (quel paradoxe de voir réunies en ce même lieu les noms des Débré et Cohn-Bendit..).

Parce que l’administration française a donné l’ordre en mai 45 de raser le camp et de détruire toutes ses archives, cet ouvrage n’en est que plus utile à notre mémoire.

Voir en ligne : les éditions Riveneuve

Sources iconographiques

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