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Avis de tempête

Avis de tempête

bulletin sponsorisé par le CSA

publié le samedi 7 avril 2012


Libération diagnostiquait récemment "Les associatives en voie de désintégration", le titre visait l’impasse dans laquelle les pouvoirs publics ont engagé l’EPRA, outils radiophonique exemplaire dédié à la lutte contre les discriminations et jusque là développé en commun avec nos radios.

Au delà de l’EPRA, c’est bien l’avenir des radios libres qui remis en cause par les politiques publiques actuelles et certains des engagements de campagne.

Passons sur les propos de Marine Le Pen sur les ondes de Divergence FM, expliquant (sans y être contredite) qu’une radio libre doit vivre sans aide publique pour rester indépendante. Ils sont dans le droit fil de la démarche de son mouvement...
Tenons-nous en aux annonces du CSA et du Président sortant.

La RNT lancée par villes et non plus par territoires

Le CSA, englué depuis 2009 dans le dossier du passage à la radio numérique, semble (échéance du mandat de certains conseillers oblige) pris soudain d’une urgence à annoncer que le dossier va enfin sortir.

Après le lancement d’un appel pour une diffusion numérique nationale payante en Bande L (en cours d’instruction), voila qu’il veut passer en force en ce qui concerne la RNT gratuite en Bande III.

Il se lancerait, avant le terme du marathon électoral, dans un appel à candidatures généralisé sur les 20 plus grandes agglomérations françaises.
En moyenne, une par région administrative, dans les faits moins puisque la région PACA en compte déjà deux...

En Languedoc-Roussillon ce sera, au mieux, la métropole Montpelliéraine. Ailleurs dans la région, on attendra ?...

Le scénario serait :
- Injonction aux radios en place à Montpellier de revoir leur projet radiophonique et leurs formats,
- Obligation pour les radios de pays limitrophes de candidater en ville pour ne pas être décrochées de la dynamique,
- Résignation pour les autres ?...

Quel modèle économique pour un FSER avec plusieurs centaines de radios associatives de plus ?

Ce n’est pas tout, le CSA prévoit "12 à 13 radios par multiplex et 6 multiplex par ville".
Même une métropole bien lotie comme Montpellier ne compte pas une douzaine de radios associatives.
Sur une offre de 75 programmes par ville et 20 villes en France dans un premier temps, c’est nécessairement plusieurs centaines de nouveaux projets associatifs qui se verraient ainsi autorisés.

Quand on connait l’état dans lequel la RGPP a mis le FSER on est en droit de se demander comment le Ministère de la Culture sera en mesure de faire face, budgétairement et humainement.

Tous les équilibres trouvés localement au fil des conventions tissées par les radios et leurs Fédérations au niveau régional et départemental s’en trouveraient, elles aussi, bousculés pour ne pas dire basculés.

Dans tous les cas, l’abandon des appels à candidature par CTA, c’est à dire par territoires, bassins de vie, se traduirait par une concurrence artificielle entre radios, là où jusqu’à présent il y avait complémentarité et solidarité.

La mise en place de projets comme "Fréquence Nomade", entre Aveyron, Larzac et Cévennes, ne seraient-ils pas prémonitoires de la fracture territoriale à laquelle nous serions condamnés ?

La suppression de la FM analogique

On aurait pu croire que les effets désastreux de ce développement de la radio "à deux vitesses" (numérique en ville, analogique à la campagne...) suffiraient à illustrer le caractère irresponsable du propos, voila que les "sages" nous annoncent que "Quand on sera à 40 % de couverture nationale [en RNT], il faudra fixer une date [d’extinction de la FM analogique] comme cela a été fait pour la TNT".

Comment mieux témoigner de la méconnaissance du rôle de la radio dans les territoires ruraux ?
Comment peut-on en arriver là ?

La seule explication, c’est bien celle de la logique du marché.
La RNT ira là ou est le marché et ce ne seront pas quelques opérateurs marginaux qui empêcheront l’Etat de valoriser, par leur mise rapide sur le marché, les fréquences jusque là dévolues à la FM analogique.

Ce n’est pas ce modèle pour lequel la CNRA s’est battue pour que les radios associatives accèdent au numérique.

La fusion du CSA et de l’ARCEP

L’annonce par le Président de la République et en cas de réélection de la fusion entre les autorités de régulation de l’Audiovisuel et des Télécommunications, va précisément dans le même sens.

La convergence des activités médias et télécom, leur concentration par les grands groupes, leur régulation par un organe unique, tout cela répond à la même logique.

Nous n’y avons pas notre place, ou si peu.
A moins que ...

P.-S.

Divergence FM nous prie de rectifier : Si Marine le Pen a bien mis en cause, sur son antenne, les financements publics alloués au radios associatives, Divergence a tenu à rectifier ce propos, plus loin dans l’émission.

Le décryptage du podcast, que chacun peut écouter ci dessous, est le suivant :

18’35

- Divergence FM : "Que feriez-vous pour les radios associatives si vous arriviez au pouvoir ?"

Entre 18’52 et 20’17

- Marine Le Pen : "Je leur laisserais leur liberté, parce que beaucoup de radios associatives veulent garder leur liberté. A ce titre certaines d’entr’elles ne veulent pas être soutenues sur le plan des subventions publiques. Parce que beaucoup sont conscientes qu’au travers de ces subventions, c’est une sorte de clientellisme qui a été mis en place, et l’enfer est pavé de bonnes intentions. La libéralisation des ondes a été une très bonne chose. Moi je suis en toute circonstance un défenseur de la liberté, la liberté sur internet, la liberté des radios, et je m’aperçois qu’en réalité cette liberté est parfois factice, parce que, encore une fois, le développement des féodalités régionales et départementales fait que beaucoup de médias sont tenus ent(r’e les mains du pouvoir. Soit du pouvoir politique, par l’intermédiaire de subventions, soit du pouvoir financier, par l’intermédiaire de la propriété des grands médias comme TF1."

- Divergence FM : "Pour parler des radios associatives, vous les maintiendriez ?"

- Marine Le Pen : "Bien sûr que je les maintiendrais. Il n’y a aucune raison qu’elles ne soient pas maintenues, qu’elles n’aient pas de liberté totale, bien au contraire. Les radios associatives c’est un contre-pouvoir, comme internet, et si elles ne dépendent d’aucun pouvoir, parce qu’elles ne sont subventionnées par aucun organisme, elles ont d’autant plus leur place et leur rôle à jouer."

- Divergence FM : "Passons à une deuxième petite partie..."

C’est à 38’00 du début de l’émission, qu’après une pause musicale, le sujet revient.

- Divergence FM : "Sur les radios associatives, je précise pour que tout le monde comprenne bien, les radios associatives sont essentiellement financées par le FSER qui est une part prise sur la pub de l’audiovisuel pour donner à des médias qui ont un travail d’intérêt général, de proximité, etc.. et financées par les collectivités locales. Ca nous rend certes dépendants, mais il y a pire comme dépendance, et il faut dire que les modèles économiques restent à trouver."

Dont acte, Divergence FM a bien tenté de rectifier près de 18’ après les propos de Marine Le Pen sur nos financements.

Chacun appréciera librement dans quelles conditions, et s’il est possible de dire qu’elle a effectivement été contredite.

Le podcast intégral de l’émission :

http://podcasts.divergence-fm.org/media/provo49_120315_provoscopie_S10_E16_marinelepen.mp3

provo49 120315 provoscopie S10 E16 marinelepen
http://podcasts.divergence-fm.org/media/provo49_120315_provoscopie_S10_E16_marinelepen.mp3

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