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André Vezinhet au micro des radios associatives héraultaises

André Vezinhet au micro des radios associatives héraultaises

« L’association, c’est l’antidote à l’individualisme »

publié le mardi 4 août 2009

Mouvement associatif, crise du bénévolat, citoyenneté, jeunesse : le Président du Conseil Général de l’Hérault réponds sur le thème de l’engagement à :
- Dorothée Brunet-Lecomte et Sébastien Hoebrechts - Radio Aviva (88.0)
- Laure Méravilles - Radio Clapas (93.5)
- Alain Mendez - Radio Lodève (104.5)


Radio Aviva : On assiste à un changement des mentalités, une société beaucoup plus individualiste au détriment de l’engagement citoyen. Partagez-vous ce constat ?
- André Vezinhet - Cela dépend où l’on se trouve. Dans le monde rural, non. C’est vrai par contre que l’individualisme s’installe dans une société qui devient de plus en plus urbaine, qui enferme les individus. Dans mon canton de La Paillade, je constate que des gens habitant sur le même palier depuis 15 ans ne se connaissent pas. Mais c’est justement le mouvement associatif qui est l’antidote à l’individualisme.

Radio Lodève - Peut-on dire que les associations réalisent un travail que vous, collectivités, ne pouvez pas faire ?
- AV - Avant de comparer, il faut rappeler la réalité du mouvement associatif dans l’Hérault : 12 000 associations, 40 000 salariés, 150 000 bénévoles. C’est une force considérable et qui n’a pas les mêmes contraintes qu’une collectivité.

Radio Clapas - De plus en plus, les associations deviennent prestataires de services, pour l’Etat ou les collectivités. N’est-ce pas dommageable ?
- AV - Par leur nombre, les associations représentent un levier d’actions qu’on ne peut ignorer. Nous accompagnons leur travail d’un budget important, 30 millions d’euros cette année à 3 500 associations. Mais pour moi, il n’est pas question que l’action associative se substitue à l’action publique. Je recherche plutôt une complémentarité entre les deux.

Radio Aviva - Quels sont les critères pour aider une association ?
- AV - Nous sommes exigeants. Je prends l’exemple du sport. Nous sommes vigilants à la prise en charge des jeunes par des éducateurs formés, par la mise en place d’actions de prévention santé, par une attitude exemplaire du club sur le terrain, etc. Il faut aussi que le club recherche la mixité sociale et la mixité filles/garçons. Les clubs qui ne regroupent que ceux de telle ou telle origine, ça me dérange. C’est une dérive vers le communautarisme.

Radio Clapas - Vous avez créé le Conseil départemental des jeunes. Certaines communes ne veulent pas créer de conseil de jeunes avec l’argument qu’il s’agit d’instrumentalisation politique de la jeunesse. Qu’en pensez-vous ?
- AV - Que c’est surtout un argument pour ne rien faire ! C’est du travail de mettre en œuvre un conseil de jeunes et de lui donner les moyens de travailler. Si ça permet de montrer à des ados que la politique au sens premier du terme, c’est la gestion de la cité, j’en suis ravi. Il y en a un qui est venu me dire « Monsieur, j’ai envie de faire de la politique ». Il me le disait à voix basse. Je lui ai répondu « C’est bien, mais ce n’est pas la peine de te cacher pour le dire. La politique c’est noble, c’est respectable ».

Radio Lodève - On a souvent dit que l’Hérault était un département jeune, est-ce toujours le cas ?
- AV - Oui, un Héraultais sur quatre a moins de 20 ans. Cela s’explique par une natalité très forte depuis 2000 et un flux migratoire qui nous amène de la jeunesse . Un autre indicateur pour nous est l’augmentation des effectifs dans les collèges.

Radio Lodève - Justement, où en est le programme de construction des collèges ?
- AV - Nous poursuivons notre politique de limitation des effectifs à 600 élèves par collège. Ces établissements à taille humaine permettent aux jeunes d’apprendre dans de bonnes conditions. Nous avons donc créé un collège à St-André-de-Sangonis en 2008. Nous ouvrons Loupian cette année. Et nous venons de voter le principe de création d’un nouveau collège dans le secteur de Roujan.

Radio Clapas - Nos radios associatives fonctionnent en partie grâce aux subventions. Face au contexte économique tendu, allez-vous supprimer ces subventions ?
- AV - Il n’en est pas question. Vous êtes les enfants de la libéralisation des ondes par François Mitterrand en 1981. Cette libération de la parole est un bien précieux, il est du devoir des élus de la pérenniser.

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