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Amateurs, quelle richesse !

Les pratiques artistiques en amateur sans caricature

Amateurs, quelle richesse !

Réponse de la COFAC au dossier de Télérama n°3084

publié le lundi 23 février 2009

Les amateurs se seraient bien passés d’un dossier de Télérama qui prétend rendre un vibrant hommage aux pratiques amateurs, rate sa cible et finalement sombre dans la caricature.


On dresse le portrait-robot d’un amateur un peu simplet, soignant ses angoisses existentielles, humble, enfantin, pas génial mais courageux. Forcément, il ignore qu’il est instrumentalisé. Pire ! Il marche sur les plates-bandes de intermittence et contribue à la paupérisation d’une profession. Heureusement, il consomme. Il a des retombées économiques, il génère de la croissance, il crée de l’emploi. Ouf, on le concède : il a encore le droit à la liberté d’expression !

Au delà d’un débat fort mal posé – les amateurs contre les artistes professionnels -, qui réchauffe de façon désagréable et dangereuse le soupçon d’une relation concurrentielle, le dossier occulte une des tendances sociétales les plus marquantes depuis 20 ans : le boom des pratiques artistiques en amateur (+50% en 10 ans !).

Chercheurs, écrivains de théâtre, responsables de fédérations d’amateurs, élus de proximité, nous nous sommes interrogés depuis plusieurs années sur ce phénomène culturel et social, qui interpelle notre société dans son rapport à l’art et à la culture.

- Nous nous gardons bien de faire le portrait type de l’amateur. L’amateur, c’est lui, c’est toi, c’est moi. Les amateurs, c’est nous tous ensemble, c’est vous quand nous vous écoutons, c’est eux quand nous n’avons pas encore franchi le pas. Ce sont des pluriels construits de singuliers : ce sont les mondes des amateurs.

- Nous affirmons que ces amateurs sont porteurs d’esthétiques propres, singulières, novatrices, de créations. Nos observations, nos travaux, nos recherches sont là pour le démontrer.

- Nous portons souvent le sujet sur le terrain politique : comment se fait-il qu’une tendance sociétale aussi marquée ne débouche sur aucune politique artistique et culturelle au plan national ?

- Nous n’opposons (et n’opposerons) jamais amateurs et professionnels. Nous sommes convaincus que de dynamiques pratiques artistiques en amateur sont synonymes d’activités supplémentaires pour les professionnels. Nous sommes attachés à la défense des statuts et des conditions de travail des artistes professionnels, avec qui nous travaillons à longueur d’année. Nous mettons un point d’honneur à prôner des pratiques loyales et respectueuses du statut social de chacun.

- Nous avons désormais conscience du poids économique global que représentent les pratiques artistiques amateurs en France. Dans une société marchande, qui raisonne le plus souvent en termes de couts et de profits, nous savons désormais que les pratiques artistiques en amateur, loin d’être dévoreuses de subventions, créent de la richesse économique et de l’emploi de proximité.

Mais la richesse des pratiques artistiques en amateur, c’est un puits sans fond qui échappe aux économistes, aux politiques et manifestement aux journalistes de Télérama !

Amateurs, quelle richesse !

François Moreaux
Coordinateur national de la COFAC
Tél/ Fax 01 43 55 60 63
www.cofac.asso.fr

P.-S.

La FRANC-LR est membre de la COFAC et de la COFAC - Languedoc Roussillon.
Elle soutien ce texte et le transpose dans le monde des médias citoyens dont les bénévoles et amateurs sont à l’initiative.
Ils y assurent la primauté de l’engagement bénévole en complément de l’efficacité des collaborateurs professionnels qu’ils ont recruté et le plus souvent formé.

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